En attendant le titre – journal d’une future pratique entre assiette et respiration.

Il m’arrive, le soir, quand je range mes notes et que je souffle une dernière fois dans le silence de mon activité, de penser à ce que je serai demain. Pas dans un an, pas dans dix ans. Demain.

Quand les mots « conseiller en nutrition » pourront enfin s’accrocher à mes fonctions, sagement alignés à côté de ce titre que je porte déjà : sophrologue.

Tablette affichant des notes de sophrologie et nutrition à côté d'une tisane chaude et d'un bol de fruits frais sur un bureau en bois.

Car aujourd’hui, je suis en chemin. Je ne suis pas encore celui qui sait tout, celui qui délivre des vérités sur les protéines ou les index glycémiques. Je suis un apprenti, un arpenteur de bibliothèques médicales, un élève attentif qui écoute les cours, qui noircit des cahiers de notes sur les métabolismes et les équilibres acido-basiques.

Mais si je n’ai pas encore le sésame officiel, j’ai déjà une certitude chevillée au corps, une certitude que ma pratique de sophrologue m’a offerte : la nutrition n’est pas une science exacte, elle est une science humaine.

Et c’est précisément de cette humanité dont je veux faire le cœur de ma future activité.

Mon rôle : un guide de route, pas une ordonnance.

Avant de prétendre à une place, il faut savoir lire la carte. Il faut connaître ses voisins de palier, leurs compétences, leurs frontières. Par honnêteté envers ceux qui viendront me consulter, je me dois de poser les limites de ce que je serai, et de ce que je ne serai jamais.

 

Il y a d’abord le nutritionniste. Un médecin, souvent. Un homme ou une femme qui traque les maladies dans le corps. Diabète, obésité sévère, troubles hormonaux. Il prescrit, il ausculte, il ordonne des bilans. Sa parole est une ordonnance. Son royaume, c’est l’hôpital ou le cabinet médical. Il soigne.

 

Il y a ensuite le diététicien. Un paramédical de métier, formé par un BTS exigeant. Lui ne prescrit pas, mais il calcule, il pèse, il mesure. Il sait que pour un pancréas fatigué, il faut tant de glucides, que pour une insuffisance rénale, il faut tant de protéines. Il est l’horloger de la réparation, le technicien du corps fatigué. Il travaille en clinique, aux côtés des équipes soignantes.

Et moi ? Que serai-je au milieu de cette constellation ?

Cabinet de sophrologie et de conseil en nutrition chaleureux avec deux fauteuils en rotin vert olive et une table basse en bois brut.

Je serai un conseiller. Rien de plus, rien de moins. Pas un médecin – je ne soignerai pas la maladie. Pas un diététicien – je ne distribuerai pas de rations millimétrées. Mais un passeur, un guide, un compagnon de route pour celles et ceux qui, sans être malades, ont perdu le nord de leur assiette.

 

Je n’exercerai jamais à l’hôpital. Mon lieu, ce sera un cabinet doux, un espace où l’on vient en civil, pas en patient. Où l’on vient parce que l’on est fatigué, ballonné, découragé, ou simplement curieux de mieux faire. Mes interlocuteurs ne seront pas des patients, au sens clinique du terme. Ce seront des clients, des personnes bien-portantes qui aspirent à une forme supérieure de bien-être.

Quand les chiffres s'effacent devant les émotions.

Encore élève, je me confronte chaque jour à la masse des savoirs. Je découvre les équilibres alimentaires, les fameuses recommandations, les fameuses pyramides. J’apprends à reconnaître les bons lipides des mauvais, les glucides lents des rapides, l’importance des fibres, des vitamines, des minéraux. Je sais désormais qu’une assiette équilibrée est une assiette colorée, variée, rythmée.

 

Mais ce que les manuels ne m’apprennent pas, et ce que ma pratique de sophrologue me souffle à l’oreille, c’est que tout cela ne sert à rien si l’esprit n’est pas au rendez-vous.

 

Un beau jour, j’ai compris, en observant une amie, que la nutrition n’est pas qu’une question de chimie. Cette femme, cadre stressée, connaissait sur le bout des doigts les apports caloriques de chaque aliment. Elle avait lu tous les livres. Elle savait tout. Et pourtant, elle grignotait.

 

Le soir, quand l’anxiété montait, ses doigts plongeaient dans le paquet de biscuits comme dans une tentative désespérée de consolation. Les chiffres, elle les maîtrisait. C’était son âme qui avait faim.

 

C’est de cette faim-là que je veux m’occuper, demain. Pas seulement de celle du ventre, mais de celle du cœur, du mental, des émotions. Car une alimentation durable ne se décrète pas ; elle s’apprivoise, elle se négocie avec soi-même, elle se réconcilie.

Main tenant délicatement un bol en céramique artisanale texturée sous une lumière naturelle chaleureuse.

Ce que la sophrologie va murmurer à notre assiette.

Je ne serai pas un conseiller en nutrition comme les autres. Parce qu’en entrant dans une salle de formation, j’y entre avec un bagage que peu de mes condisciples possèdent : la certitude que le corps parle, et que nous devons apprendre à l’écouter.

 

Dans ma future pratique, chaque consultation s’ouvrira par un dialogue. Nous parlerons des repas, des envies, des craquages, des jours de fatigue. Nous analyserons ensemble le journal alimentaire – pas pour le juger, jamais pour le juger, mais pour y lire des rythmes, des habitudes, des répétitions parfois douloureuses.

 

Je poserai des équivalences simples, des repères visuels : une portion de protéines, c’est la taille de la paume ; une portion de légumes, c’est le poing fermé. Rien de sorcier. Mais tout sera dans la manière de le dire, de l’accueillir. La bienveillance, l’écoute sans jugement, la confidentialité, seront les piliers de cet édifice. Pas la performance, pas la ligne, pas le chiffre sur la balance. L’apaisement, d’abord.

Faire la paix avec son assiette, en toute autonomie.

Demain, je recevrai des personnes qui ont décidé de prendre soin d’elles avant que leur corps ne les oblige à le faire. Des actifs fatigués, des jeunes mamans épuisées, des sportifs amateurs qui veulent optimiser leur énergie, des seniors qui souhaitent vieillir en pleine forme. Tous ceux qui, un jour, se sont dit : « Il est temps que je fasse la paix avec mon assiette. »

 

Mon objectif sera simple, presque modeste : les rendre autonomes. Qu’ils n’aient plus besoin de moi au bout de quelques mois. Qu’ils aient intégré les bons réflexes, les bons gestes, la bonne respiration. Qu’ils sachent, face à un buffet ou face à un coup de fatigue, choisir en conscience.

 

Et si, chemin faisant, je détecte des signes qui m’échappent – un trouble du comportement alimentaire qui se dessine, une pathologie sous-jacente – j’aurai l’honnêteté et l’humilité de tendre la main vers mes confrères médecins ou diététiciens. Parce que la santé ne se joue pas en solitaire. Elle se joue en réseau, en confiance, en complémentarité.

L’assiette, ce petit monde.

En refermant mes cahiers de cours, le soir, il m’arrive de sourire. Je pense à la phrase que je glisserai peut-être un jour à mes futurs clients, en début de chemin :

« Vous n’êtes pas venus ici pour apprendre à manger. Vous êtes venus pour apprendre à vous écouter. »

 

Parce que c’est là, je crois, le secret. La nutrition n’est pas une punition. Ce n’est pas un régime, ce n’est pas une privation, ce n’est pas une guerre contre les kilos. C’est une danse. Une danse entre le besoin et l’envie, entre la santé et le plaisir, entre le corps et l’esprit.

 

Je ne suis pas encore conseiller en nutrition. Le papier officiel me manque, la validation me fait encore signe de loin. Mais j’ai déjà en moi la certitude que ce métier, couplé à la sophrologie, sera bien plus qu’une activité. Ce sera une manière d’être au monde, une façon de tendre la main à celles et ceux qui ont perdu leur boussole intérieure.

 

Alors, en attendant le titre, je prépare. J’apprends, j’écoute, je m’imprègne. Et quand viendra le jour où je pourrai enfin accrocher la deuxième plaque à côté de la première, je saurai que je ne serai pas seulement un technicien de l’alimentation, mais un artisan de la paix intérieure.

 

Une assiette, un souffle, une présence. Et tout devient possible.

Assiette de salade colorée avec avocat, tomates cerises, concombre, graines de courge et un grand verre d'eau sous le soleil sur une table en bois.

Rejoignez les coulisses de l’aventure Si ces mots ont résonné en vous, sachez que je me prépare activement à vous accueillir dans mon futur cabinet dès la rentrée de septembre. Le temps que les derniers examens s’achèvent et que les savoirs s’ancrent définitivement.

 

Vous souhaitez faire partie des premières personnes accompagnées ou être informé en priorité de l’ouverture des réservations ? Laissez-moi votre adresse email ci-dessous pour rejoindre la liste d’attente exclusive.

 

D’ici là, prenez soin de votre souffle. Il est le premier aliment de la vie.

Coach en nutrition et sophrologue à son bureau avec des conseils pour un équilibre alimentaire sain.
Signature de Christophe Gros, sophrologue certifié et fondateur de SophroHarmonie, pour l'accompagnement du stress et du sommeil à domicile et en visio.
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