Quand le corps s’arrête, l’essentiel apparaît.

Il y a dix ans, j’ai frôlé la mort.
Mais ce n’est pas cet événement qui m’a transformé. À l’époque, j’étais pris dans des conflits, des tensions, une vie intérieure trop encombrée pour entendre ce que cette épreuve essayait de me dire.

La vraie bascule est arrivée plus tard, avec mon opération du dos.
Un arrêt brutal.
Six mois alité, incapable de faire autre chose que marcher un peu, respirer, attendre.

Quand le corps ne peut plus avancer, l’esprit finit par s’asseoir avec lui.

J’ai commencé par la respiration contrôlée, presque par instinct. Puis la relaxation, la méditation, les lectures. De fil en aiguille, j’ai découvert la conscience, puis la sophrologie. Et quelque chose s’est ouvert.

Cette opération arrivait après une année moralement éprouvante. Une année où j’ai dû traverser des accusations injustes, des remous familiaux, des blessures profondes. La justice a fait son travail, la vérité s’est imposée, et j’ai pu prendre encore plus de place auprès de mes enfants.

Depuis, notre relation s’est transformée.
Elle est devenue plus vraie, plus simple, plus solide.
Nous avançons ensemble, dans une confiance retrouvée, dans une présence réciproque qui ne demande plus de preuves.
Aujourd’hui, je suis profondément en harmonie avec eux, et c’est l’un des plus grands cadeaux de ma vie.

Avec le recul, je vois que toutes ces épreuves — le corps immobilisé, l’esprit bousculé, la vie retournée — ont été des passages.
Elles m’ont obligé à revenir à l’essentiel : respirer, ressentir, comprendre, me recentrer.

J’ai aussi dû réapprendre à prendre soin de moi. L’inactivité m’avait fait prendre du poids, non par excès, mais par impossibilité de bouger. Alors j’ai exploré une alimentation plus légère, plus consciente, soutenue par ce qu’il fallait pour rester en bonne santé.
Et, sans que je m’y attende, cette attention au corps a nourri mon esprit.
La clarté est revenue.
Le calme aussi.

Aujourd’hui, je comprends que ce chemin m’a préparé à quelque chose de plus grand que moi.
Il m’a appris la patience, l’écoute, la présence.
Il m’a montré que l’on peut traverser des tempêtes et en ressortir plus ancrer, plus clair, plus humain.

C’est cette expérience là que j’ai envie de transmettre.
Aider d’autres personnes à retrouver du souffle.
À se recentrer.
À apaiser ce qui pèse.
À réhabiter leur corps, leur esprit, leur vie.
À sentir qu’elles peuvent, elles aussi, reprendre leur place — ou en prendre davantage.

Ce n’est pas une théorie.
C’est un vécu.
Et c’est peut-être ce qui fait de la sophrologie, aujourd’hui, une évidence pour moi.

Si je partage cela aujourd’hui, le jour de mon anniversaire, c’est parce que je sens que ce passage mérite d’être honoré.
Parce qu’il marque la fin d’un cycle et le début d’un autre.
Parce qu’il raconte d’où je viens, et où je vais.

Et parce qu’il dit une chose simple :
parfois, les épreuves ne nous brisent pas — elles nous révèlent. 

Christophe

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